Comprendre
Qu'est-ce que l'accessibilité numérique ?
L'accessibilité numérique consiste à rendre les sites, les applications et les documents utilisables par tous, y compris par les personnes en situation de handicap, quelle que soit la façon dont elles perçoivent, comprennent ou interagissent avec un contenu.
Mis à jour le · Faits vérifiés auprès des sources officielles citées
Une définition simple
Un service numérique est accessible lorsque chacun peut en percevoir le contenu, l'utiliser, le comprendre, et lorsqu'il fonctionne avec les technologies que les personnes utilisent réellement (navigateurs, lecteurs d'écran, logiciels d'agrandissement, commande vocale…). Ces quatre exigences correspondent aux quatre principes des WCAG, la référence internationale publiée par le W3C : perceptible, utilisable, compréhensible et robuste.
Concrètement, cela signifie par exemple qu'une image porteuse d'information a une alternative textuelle, qu'un formulaire peut être rempli au seul clavier, qu'une vidéo est sous-titrée, ou qu'un texte reste lisible lorsqu'on l'agrandit.
Qui est concerné ?
Selon l'Organisation mondiale de la santé, 1,3 milliard de personnes vivent avec un handicap important, soit 16 % de la population mondiale, environ une personne sur six. Les situations sont très diverses :
| Situation | Exemples | Besoins typiques |
|---|---|---|
| Visuelle | Cécité, malvoyance, anomalies de la vision des couleurs | Alternatives textuelles, structure claire, contrastes, agrandissement |
| Auditive | Surdité, malentendance | Sous-titres, transcriptions, alternatives aux alertes sonores |
| Motrice | Paralysie, tremblements, amputation | Navigation au clavier ou par contacteur, cibles assez grandes, pas de délai trop court |
| Cognitive et psychique | Troubles de l'attention, de la mémoire, dyslexie | Langage clair, interface cohérente, messages d'erreur explicites |
Le handicap peut être permanent, temporaire (un bras dans le plâtre) ou situationnel (consulter son téléphone en plein soleil, regarder une vidéo dans un train sans son). Le vieillissement de la population augmente aussi la part des personnes concernées par une baisse de la vue, de l'audition ou de la dextérité.
Un bénéfice pour tous
Les mesures prises pour les personnes handicapées améliorent l'expérience de l'ensemble des utilisateurs :
- Lisibilité : de bons contrastes et des textes structurés se lisent mieux, sur tous les écrans.
- Ergonomie : des libellés explicites et des messages d'erreur clairs réduisent les abandons de formulaire.
- Référencement : une structure de titres logique, des alternatives textuelles et des liens explicites aident aussi les moteurs de recherche à comprendre vos pages.
- Robustesse : un code conforme aux standards fonctionne mieux sur la diversité des navigateurs et des appareils.
À retenir
L'accessibilité n'est pas une option graphique ni un module à ajouter en fin de projet : c'est une qualité du service, qui se construit dès la conception et se vérifie dans la durée. En France, elle est aussi une obligation légale pour de nombreux organismes ; voir les obligations légales.
Trois idées reçues
« L'accessibilité ne concerne que les personnes aveugles »
Les personnes aveugles sont concernées, mais elles ne sont qu'une partie du public : malvoyance, surdité, handicap moteur, troubles cognitifs et handicaps temporaires représentent la majorité des situations.
« Un widget ou une surcouche suffit à rendre un site accessible »
Les surcouches qui ajoutent des boutons de réglage (taille du texte, contraste…) ne corrigent pas le code de la page. Une image sans alternative ou un formulaire sans étiquette restent inaccessibles. La conformité au RGAA s'évalue sur le contenu et le code eux-mêmes.
« Un site accessible est forcément austère »
L'accessibilité impose des exigences (contrastes, structure, comportement au clavier), pas un style. Un site peut être à la fois esthétique, moderne et pleinement accessible.